Calques et masques de fusion
(Première partie)

Les masques de fusion sont indispensables à qui souhaite post-traiter finement une photo. Le concept semble à tort effrayant. Nous allons tenter de le démontrer en avançant très progressivement dans ce tutoriel en 2 parties, la première consacrée à la compréhension du principe et la seconde à son illustration à travers plusieurs exemples. Les versions Elements de Photoshop ne permettent pas d'ajouter un masque de fusion à un calque. Ce tutoriel est donc réservé à Photoshop.

Pour bien comprendre les masques de fusion, il est nécessaire d’avoir bien compris les calques. Nous commencerons donc par un petit rappel sur le sujet.

Rappel sur les calques

Comme son nom l’indique, la notion de calque dans Photoshop est directement dérivée de son homologue en papier.

Lorsque vous ouvrez une photo avec Photoshop, considérez qu’elle est directement collée sur une feuille nommée arrière plan. Pour visualiser l'empilement des calques sur cette feuille, vous devez cocher l’item «calques» dans le menu «fenêtre» de Photoshop. La petite fenêtre qui s’ouvre contient beaucoup d’informations. Nous allons brièvement balayer les seules fonctionnalités de cet écran qui seront utiles pour la suite des opérations.

NB : selon votre configuration de Photoshop, la fenêtre des calques peut-être positionnée différemment sur l’écran. Dans l’exemple de gauche, elle a été détachée des autres palettes.

Lorsque vous chargez la photo, elle est automatiquement appelée «arrière-plan».

L’arrière plan n’est pas un calque à proprement parler, car on ne peut pas jouer sur sa transparence. (Remarquez que le réglage « opacité » n’est pas actif.) En double-cliquant sur la vignette ou sur le libellé, on transforme l’arrière plan en un vrai calque nommé par défaut « calque 0 ». Vous pouvez le renommer, mais ce n’est vraiment utile que lorsque vous devez empiler un grand nombre de calques. L’arrière plan peut être sinon utilisé pour conserver un exemplaire de la photo d’origine que l’on duplique par CTRL/J dans un premier calque.

Le nom du calque apparaît sur un fond bleu, ce qui signifie qu’il est sélectionné. Votre photo n’est pour l’instant constituée que d’un seul calque, donc il est forcément actif. Lorsque l’on a plusieurs calques empilés, il ne faut pas oublier de sélectionner celui sur lequel on veut travailler, sous peine de mauvaises surprises ! (Généralement, lorsque on ne voit pas se concrétiser ce que l’on est en train de faire, c’est tout simplement que l’on travaille sur un calque caché ou en dehors de la zone sélectionnée…)

Si vous avez transformé l’arrière plan en calque, vous avez maintenant accès au réglage de l’opacité par l’intermédiaire d’un curseur réglé par défaut sur 100%. Dans cette configuration, le calque est totalement opaque (S’il est posé sur un autre calque, il le cache). A 0% d’opacité, le calque devient invisible et laisse donc totalement apparaître le calque qui est en dessous. Entre les 2, vous avez la possibilité de doser vos effets, et c’est là toute la puissance des calques.

En bas de la palette des calques apparaissent 7 icones. En laissant la souris sur une icône, on fait apparaître une info-bulle qui en rappelle l’utilisation. La troisième icône permet d’ajouter un masque de fusion. Nous y reviendrons car c’est le but ultime de ce tutoriel. Cliquons pour l’instant sur l’avant dernière icône : créer un calque.

Remarquez qu’une seconde vignette est venue s’ajouter dans la palette des calques. Elle a pris par défaut le nom de «calque 1». Le calque 1 est automatiquement sélectionné avec une opacité de 100%. Il est donc totalement opaque, mais comme il a été créé vide, il n’y a aucun changement sur la photo.

Si vous prenez un pinceau noir et que vous dessinez sur ce calque, vous allez en quelque sorte barbouiller votre photo. Essayez avant de continuer !

Jouez avec le curseur d’opacité pour bien en comprendre l’intérêt. Vous pouvez également tester les différentes options de la liste déroulante à gauche du curseur afin d’observer et de comprendre les effets obtenus… mais c’est un autre sujet.

La palette des calques les présente dans l’ordre dans lequel ils sont empilés. Si le premier calque en haut de la liste (ici le calque 1) a une opacité de 100%, il cache tous les autres. Il est possible de modifier l’ordre des calques tout simplement en les déplaçant avec la souris : cliquez sur le calque que vous avez griffonné, gardez le bouton gauche enfoncé et glissez le sous le calque 0.

La première fois, il reviendra peut-être automatiquement à sa place parce que vous n’avez pas été assez précis dans votre déplacement, mais avec un peu d’habitude, ça ira mieux ! Vos gribouillons ont disparu car ils sont maintenant cachés par le calque 0 qui est totalement opaque.

D’ailleurs, nous n’avons pas besoin de ces gribouillons, alors pendant que vous y êtes, glissez donc ce calque sur la dernière icône en forme de poubelle. Il y restera !

Il existe d’autres manières de créer des calques, en particulier au travers du menu qui porte le même nom. L’option la plus utilisée dans ce menu est sans doute l’option « Nouveau/Calque par copier ». Elle permet de créer automatiquement un calque qui contient la copie conforme de votre image d’origine. Une bonne pratique est de systématiquement travailler sur cette copie pour ne pas altérer la photo de départ. En cliquant sur l’œil à gauche de la vignette, vous pourrez momentanément effacer le calque et retrouver la source qui vous permettra de jauger la qualité de votre post traitement. Lorsque vous avez 2 photos ouvertes en même temps dans Photoshop, il vous suffit de glisser la vignette de la photo active sur la seconde photo afin d’empiler les 2 images en un seul ensemble. C’est ainsi que nous allons aborder le travail sur les masques de fusion…

Comprendre les masques de fusion

Vous savez empiler 2 calques ? Vous avez compris que si l’opacité du calque supérieur était de 100%, on ne voyait pas celui qui était en dessous ? Alors vous êtes prêts pour les masques de fusion… car il existe une autre manière de voir ce qui se passe en dessous d'un calque opaque : faire un trou dans ce calque ! Nous allons illustrer ce propos à travers un petit exemple théorique.

Avec l’option Fichier/Nouveau créez une image carrée de 300 pixels de côté en mode RVB. Remplissez-le de bleu à l’aide du pot de peinture (outil encadré en rouge sur l’exemple).

Créez de la même manière une image carrée de 300 pixels de côté que vous remplirez de jaune.

Glissez (cf ci-dessous) la vignette jaune sur l’image du carré bleu. Vous venez de créer un empilement de 2 calques, le carré jaune cachant le carré bleu.

Nous allons voir maintenant comment faire apparaitre par endroit le carré bleu, en faisant des trous dans le carré jaune.

Dans la palette des calques, sélectionnez le carré jaune (dont le libellé sera affiché sur fond bleu). Cliquez ensuite sur l’icône «ajouter un masque de fusion» (encadrée en rouge dans l’exemple) A côté de la vignette jaune est maintenant dessinée une vignette blanche qui représente le masque de fusion. Si vous cliquez sur la vignette blanche, elle s'encadre d'un filet noir. Vous êtes prêts à dessiner sur le masque de fusion. Vous n’avez que 2 règles à retenir :

  • Dessiner en noir sur le masque de fusion revient à faire des trous dans le calque associé.

  • Dessiner en blanc sur le masque de fusion revient à raccommoder le calque associé en faisant disparaitre celui qui est en dessous. (Le masque est actuellement totalement blanc, donc totalement raccommodé : on ne voit pas le calque qui est en dessous.

NB : pour travailler à nouveau sur l'un des calques de l'image, n'oubliez pas de cliquer à nouveau sur la carré correspondant (ici bleu ou jaune) Lorsque vous dessinez sur un masque de fusion, vous ne voyez pas directement votre tracé, mais seulement son effet sur le calque associé.

Lorsque vous voulez travailler le masque de fusion, vous devez d’abord cliquer sur la vignette blanche pour qu’il soit sélectionné. (La vignette est entourée d'un cadre noir)

Dans la palette d’outil, choisissez le pinceau. (encadré en rouge dans l’exemple à gauche) Une fois l’outil sélectionné, vous pouvez en modifier la taille en cliquant sur votre carré jaune avec le bouton droit de la souris. Choisissez un pinceau à bord doux (encadré en vert sur l’exemple) Réinitialisez la palette des couleurs pour que le carré noir soit au dessus du carré blanc. (Vous pouvez le faire en cliquant sur la minuscule icône qui représente ces 2 carrés dans la palette des outils ou en tapant une fois la lettre D sur votre clavier)

Peignez maintenant avec ce pinceau sur votre masque de fusion : vous déchirez le calque jaune et faîtes apparaître l’image bleue qui était cachée en dessous. Vous auriez également pu le faire avec la gomme, mais vous seriez passé à côté de ce qui fait le réel intérêt des masques de fusion…

Sélectionnez la couleur blanche pour votre pinceau et repassez sur votre tracé qui apparaît en bleu : vous raccommodez le calque jaune en faisant à nouveau disparaître le calque inférieur. Et c’est la l’énorme avantage des masques de fusion sur la gomme : ils ne sont pas destructifs et permettent de revenir facilement en arrière, totalement ou partiellement. En repeignant en blanc sur le tracé noir, vous affinez ou corrigez la précédente sélection.

Bien évidemment, il existe un monde entre le noir et le blanc. En utilisant des pinceaux gris de densités différentes, il est possible non plus de déchirer le calque, mais de le rendre plus ou moins translucide afin de mixer finement les 2 calques superposés. L’exemple ci contre n’a d’autre intérêt que de laisser entrevoir comment, avec un dégradé du noir au blanc, on peut facilement travailler différemment une image au dessus et en dessous de la ligne d’horizon.

NB : L’outil dégradé est caché dans la même case que le pot de peinture. Il faut cliquer sur le minuscule triangle en dessous du pot pour le voir apparaître…

Une fois le dégradé en place, vous pouvez le corriger au pinceau pour prendre en compte un éventuel clocher qui dépasserait de l'horizon

Notez bien qu’il n’y a pas de règles, ni dans l’ordre d’empilement des calques, ni dans le mode de remplissage du masque de fusion. Supposons que vous ayez 2 photos, l’une avec un paysage et l’autre avec la lune que vous voulez superposer sur le paysage.

  • Vous pouvez utiliser le paysage comme calque de départ, superposer le calque lunaire sur lequel vous appliquerez un masque de fusion. Vous remplirez alors totalement le masque de fusion avec le pot de peinture noire, et repeindrez avec le pinceau blanc sur la lune pour la faire reparaître.

  • Vous pouvez utiliser la lune comme calque de départ, superposer le paysage auquel vous associerez un masque de fusion. En peignant avec le pinceau noir sur ce masque de fusion, vous ferez réapparaître la lune.

Dans cet exemple, vous constatez toutefois que la première méthode permet de voir l’objet que l’on veut conserver lorsque l’on peint sur le masque, alors que la seconde méthode nécessite de jouer avec la transparence du calque supérieur pour peindre à bon escient, ou de peindre d'abord grossièrement en noir sur le masque de fusion pour raccomoder ensuite finement les bords du trou avec le pinceau blanc.

En remplacement de la petite icone qui génère directement le masque de fusion, on peut utiliser l'option "Masque de fusion" du menu calque. Elle propose 2 options : tout faire apparaître (masque blanc) ou tout masquer (masque noir).

Bonus astuces

  • Si vous avez sélectionné une partie de votre image avec l'un quelconque des outils de sélection (baguette magique, lasso, rectangle...) avant de cliquer sur l'icone "masque de fusion", celui ci sera directement configuré pour ne laisser apparaître que la partie sélectionnée de votre image.

  • Jouez avec la dureté du pinceau, mais également son opacité, son flux et les nuances de gris pour que vos fusions ne paraissent pas avoir été faîtes au caterpillar.

  • Maintenez la touche ALT enfoncée pendant que vous cliquez sur la vignette du masque le fera apparaître en grand. Pratique pour vérifier si on n'y a pas laissé des trous ! Cliquez sur la vignette du calque pour revenir à un affichage normal.

  • Maintenez la touche CTRL enfoncée pendant que vous cliquez sur la vignette du masque fera apparaître sur le calque une sélection contenant le masque.

  • Et la bonne astuce de Daflan : maintenez les touches MAJ et ALT enfoncée pendant que vous cliquez sur la vignette du masque le fera apparaître en en rouge sur l'image. Pratique pour affiner les contours du masque ! Cliquez sur la vignette du calque pour revenir à un affichage normal.

  • Seconde astuce de Daflan : Maintenez la touche ALT enfoncée pendant que vous cliquez sur la vignette du masque le désactivera ! (Cette vignette sera barrée en rouge.) Pratique pour comparer le résultat avec et sans masque ! Cliquez sur la vignette du calque pour revenir à un affichage normal.



La première partie de ce tutoriel était purement théorique. La seconde partie permettra de mettre en œuvre ces 2 règles sur des exemples concrets.

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