Le flash : principes de base

Ces documents ont été élaborés par Daflan pour la partie théorique et Lyondag pour la partie technique, dans le cadre d’une séance d'initiation à l’utilisation du flash. Nous vous conseillons vivement d’illustrer ces propos en faisant vos propres essais.

Théorie

1. Description

Le flash émet une brève quantité de lumière, équivalente à la lumière du jour (5500°K), pour éclairer le sujet photographié.

La quantité de lumière émise est fonction de la puissance du flash et de la durée de l’éclair.

"Scientifiquement", la puissance du flash s'exprime en joules ou watts/seconde.

Pratiquement, on utilise le nombre guide qui indique la puissance du flash en distance de portée pour une ouverture de diaphragme de l'objectif de f/1 et une sensibilité de 100 ISO :

nombre guide = distance x diaphragme

Autrefois, lorsque les automatismes n'existaient pas, cette formule permettait de calculer l'ouverture de diaphragme :

diaphragme = nombre guide / distance

Exemple pour un flash dont le nombre guide est de 24 :

  • distance 3 m (le sujet photographié est à 3 m de vous) : diaphragme = 24 / 3 = f/8 (Vous deviez règler le diaphragme sur f/8)
  • distance 6 m (le sujet s'est éloigné de vous) : diaphragme = 24 / 6 = f/4 (L'ouverture est plus grande pour pouvoir laisser plus de lumière car le flash éclaire moins bien le sujet lointain)

Cette formule montre que plus le nombre guide est élevé, et plus le flash pourra éclairer correctement des sujets lointains. Elle peut encore être utilisée pour calculer le diaphragme avec un flash moderne réglé en mode manuel. Avec les automatismes des flashes d'aujourd'hui, cette formule permet encore de calculer la portée du flash :

distance = nombre guide / diaphragme

Exemple pour un nombre guide de 24 :

  • diaphragme f/8 : distance = 24 / 8 = 3 m (au delà de 3 m, le flash ne pourra plus jouer le rôle d'éclairage principal)
  • diaphragme f/4 : distance = 24 / 4 = 6 m

Remarque : lorsque l'exposition est multipliée par 4 (L'écart entre f/8 et f/4 fait passer 4 fois plus de lumière, le cran intermédiaire étant f/5.6) la distance est multipliée par 2.

2. Exposition

L’exposition du sujet photographié est fonction de l’ouverture du diaphragme de l’objectif et de la durée de l'éclair du flash. La vitesse d'obturation n'intervient pas sur l'exposition du sujet photographié (l'éclair dure moins de 1/1000 s à pleine puissance donc il sera toujours vu par le capteur) mais seulement sur l'exposition de l'arrière plan qui est hors de portée de l'éclair du flash.

La vitesse d’obturation est limitée par la vitesse de synchronisation ou synchro-X du boîtier. C’est la vitesse maximum pour laquelle la fenêtre de l’obturateur est entièrement ouverte, donc le capteur visible de l'extérieur sur toute sa surface. Au-delà de cette vitesse, la photo sera tronquée. (une partie de la photo sera au minimum fortement sous exposée, voire même complètement noire)

Certains boîtiers ne permettent pas d’outrepasser la vitesse de synchro-X. Certains flashes permettent d’utiliser une vitesse supérieure à la vitesse de synchro-X.

3. Réglages du boîtier

Lorsque le flash est réglé en mode automatique, il communique avec le boîtier pour l’automatisme TTL (Through The Lens : à travers l'objectif) :

Dès que le capteur reçoit l'information que le sujet photographié a reçu la quantité de lumière nécessaire à sa bonne exposition, l'éclair du flash est coupé. C’est donc l’appareil qui gère la puissance de l’éclair.

Le mode TTL simple (le plus ancien) mesure l'exposition en temps réel à partir de la lumière réfléchie par le capteur. Les modes évolués utilisent des pré-éclairs, soit pendant que l'obturateur est ouvert, soit juste avant ouverture de l'obturateur. Ce dernier système permet la communication avec des flashes asservis.

On peut choisir un mode d'exposition automatique :

  • Auto : le boîtier choisira l'ouverture de diaphragme et la vitesse d'obturation
  • Priorité diaphragme : le boîtier choisira la vitesse d'obturation adaptée en fonction du diaphragme que vous aurez sélectionné
  • Priorité vitesse : le boîtier choisira l'ouverture de diaphragme en fonction de la vitesse d'obturation que vous aurez sélectionnée
Ces 3 réglages conduisent au même éclairement du capteur.

On peut aussi choisir le mode d'exposition manuelle : on réglera séparément l'ouverture de diaphragme et la vitesse d'obturation dans la limite de la vitesse de synchro-X, sauf pour les flashes dotés de la synchronisation haute vitesse.

Tous ces réglages valent lorsque le flash, monté sur la griffe du boîtier, est la source principale de lumière pour que le sujet photographié soit bien exposé. Si le flash est utilisé comme lumière d'appoint (ou fill-in), il faudra, sur le boîtier, régler la quantité de lumière fournie par le flash.

Ceci se fait en utilisant les possibilités des automatismes ou le mode d'exposition manuelle.

4. Options du boîtier

Selon les boîtiers et les flashs :

Correction d'exposition du flash

Permet de régler l'exposition du flash. Il faut impérativement se reporter à la notice du boitier pour comprendre comment cette correction se combine avec la correction d'exposition du boitier.

Synchro lente :

Permet de réduire la vitesse d'obturation en mode Auto ou Priorité diaphragme pour ajuster l'exposition de l'arrière plan qui est hors de portée de l'éclair du flash.

Synchro sur le 2ème rideau :

En synchro lente pour un sujet en mouvement la "trace" du sujet sera conforme à notre vision. Exemple pour une voiture roulant de nuit :

  • L'éclair du flash au premier rideau donne une voiture nette, dont la carrosserie est traversée par deux lignes rouges, les feux.
  • Un flash en synchro deuxième rideau donnera une photo avec les traînées rouges à l'arrière de la voiture, pour un effet plus naturel.

Flash sans cordon :

Permet d'utiliser le flash cobra détaché du boîtier. Le flash cobra est déclenché par le flash intégré au boîtier ou par un émetteur. L'automatisme TTL est conservé. Le flash doit, également, être réglé.

5. Options du flash

Les options diffèrent selon le modèle du flash.

Tête pivotante :

Sur le plan vertical, horizontal, ou les deux, pour réfléchir la lumière sur un plafond ou un mur.

Tête zoom :

Ajuste l'angle de champ de l'éclair à la focale de l'objectif. (dans certaines limites !)

Synchro haute vitesse :

Permet d'utiliser une vitesse supérieure à la vitesse de synchro-X, mais avec une perte de puissance.

Mode sans cordon :

Permet d'utiliser le flash cobra détaché du boîtier. Le flash cobra est déclenché par le flash intégré au boîtier ou par un émetteur. L'automatisme TTL est conservé. Le boîtier doit, également, être réglé.

Mode éclairs multiples (ou stroboscopique) :

Le flash émet plusieurs éclairs pour décomposer le mouvement du sujet photographié.

Mode manuel :

L'éclair qui n'est pas coupé par l'automatisme TTL est à pleine puissance. Cette puissance peut être réduite partiellement.

Pratique

1. Le fill-in, ou débouchage

Cette pratique est utilisée en plein-jour, par temps ensoleillé, pour déboucher les zones d’ombres créées par la lumière forte du soleil. Le flash est alors utilisé comme source de lumière secondaire. La dynamique de nos capteurs ne permet pas toujours d’enregistrer toutes les informations sur une scène très contrastée par une lumière forte du soleil sur un sujet. Le flash permettra donc de déboucher ces zones sombres, et de réduire la densité des ombres sur un visage par exemple :

  • en portrait, la zone sous les sourcils est particulièrement sombre dans ces cas-là, la bonne utilisation du flash atténuera ces ombres

2. L’éclairage au flash :

Dans les cas où la lumière manque cruellement pour la prise de vue dans des conditions correctes, le flash nous servira de source principale de lumière. Il est par contre impératif de passer en mode manuel, afin de régler soi-même les paramètres du boitier à sa convenance, pour trouver un compromis idéal entre « puissance d’éclair » et « qualité d’image ». En effet, le flash fournira alors la quasi-totalité de la lumière pour la photo, et cela nécessitera une puissance d’éclair plus importante, donc un temps de recharge - appelé recyclage - long (le photographe est alors dans l’impossibilité de prendre une photo bien exposée pendant environ 3 secondes). Utiliser une grande ouverture et augmenter les iso soulagera le flash, qui aura besoin de produire un éclair moins intense.

3. L’orientation du flash

Les têtes de nos flashes cobra sont orientables. En effet, l’utilisation d’un flash ne se résume pas systématiquement à une orientation « directe ». Dans les cas d’éclairage au flash, on pourra utiliser la technique du « rebond » (bounce), en l’orientant au plafond s’il est clair, ou sur un autre mur à proximité qui serait susceptible de renvoyer la lumière, afin de diffuser la lumière souvent un peu crue du flash.

Le mode de mesure TTL fait le nécessaire pour que la scène soit le mieux éclairé possible, quelle que soit l’orientation du flash.

Notez bien que cela ne se résume pas systématiquement à orienter vers le plafond (parfois sombre et bien trop haut dans une église). Un mur éclairé derrière ou à coté du photographe peut fournir une lumière impeccable. Notez également que ce mode d’éclairage consomme significativement plus d’énergie que le mode « direct ». Dans le mode indirect, faites également attention à ne pas éblouir une personne à coté de vous (en l’orientant à gauche par exemple), cela peut s’avérer dangereux.

3. Mode déporté

Il est possible dans certains cas d’utiliser le flash en mode déporté (sans fil, ou avec fil). On dispose encore des automatismes de mesure du TTL. L’utilité principale de ce mode d’éclairage « créatif » est surtout d’éloigner légèrement le flash de l’axe optique, qui conduit forcément à une lumière assez plate. Grâce à ce procédé, on peut donc obtenir du modelé avec un flash cobra. On peut aussi utiliser des supports de rebonds (réflecteurs) inhabituels ou un peu plus éloignés (puisque l’on peut placer le flash proche du support en question).

4. Conseils

De façon générale, il faut garder à l’esprit que dans la plupart des cas, le flash cobra monté sur la griffe de l’appareil, et utilisé combiné avec l’automatisme TTL permet une chose capitale : éclairer le sujet, et uniquement le sujet. Pour le flash, le sujet correspond à l’endroit où la mise au point est faite (en communiquant avec le boitier, cet automatisme va avoir connaissance de la distance de mise au point).

Pour obtenir une belle photo au flash, compter sur les automatismes est rassurant, mais souvent assez peu efficace. En effet, nous venons de voir que le flash éclaire le sujet, et pas l’arrière-plan. Il est donc presque toujours indispensable de doser la lumière de l’arrière-plan en jouant sur l’exposition en mode manuel (ou semi-automatique avec compensation d’expo) sans s’occuper du flash, qui lui, ne s’occupera que du sujet.

Ainsi, pour réaliser un portrait de nuit sympa dans une ville bien éclairée, il faudra sans doute passer en mode manuel, régler à 1600 iso, ouverture f/2.8, une vitesse assez lente (1/60ème) afin de capter les lumières de la ville pour l’arrière-plan, et laisser le flash s’occuper du sujet. Si l’appareil est à 200 iso et 1/250ème, il sera incapable de capturer l’ambiance lumineuse, et sortira un portrait bien exposé pour le sujet, mais très sombre derrière.

5. Important

  • Evitez de flasher un sujet trop près d’un fond (il projettera une ombre peu esthétique sur celui-ci).
  • Ne pas oublier que le flash est un dispositif qui fonctionne sur piles. Les tenir chargées est indispensable pour obtenir la meilleure constance des éclairs, et le recyclage le plus rapide possible.
  • Ne pas utiliser le flash avec une balance des blancs personnalisée. La température de l’éclair d’un flash est constante : elle est proche de celle de la lumière du jour. L’utiliser avec une balance des blancs personnalisée (donc une T° Kelvin différente de celle du jour) donnera des résultats décevants, à moins d’utiliser une gélatine adaptable sur le flash.

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